Introduction : transformer l’obligation fiscale en levier de croissance
Chaque année, des milliers d’entreprises québécoises se retrouvent face à la même échéance : déclarer l’impôt des sociétés. Pour beaucoup, cette période rime avec stress, incertitude et paperasse. Pourtant, bien gérée, la déclaration d’impôt peut devenir un outil stratégique.
Un guide pratique sur l’impôt des sociétés n’a pas pour but de rendre la fiscalité “amusante”, mais de la rendre compréhensible et rentable. Savoir où chercher les déductions, comment planifier ses dépenses, ou encore comment éviter les erreurs coûteuses peut avoir un impact direct sur la rentabilité d’une entreprise.
Dans cet article, nous verrons comment optimiser la déclaration fiscale de votre société, en couvrant les étapes essentielles, les principes clés d’optimisation, les crédits d’impôt disponibles et les meilleures pratiques pour demeurer conforme… tout en réduisant la facture.
1. Comprendre l’impôt des sociétés : les bases à connaître
Avant de plonger dans l’optimisation, il est essentiel de comprendre le fonctionnement de l’impôt des sociétés au Canada et au Québec.
Qu’est-ce que l’impôt des sociétés ?
L’impôt des sociétés correspond à la part de vos bénéfices imposables que votre entreprise doit verser au gouvernement fédéral et provincial.
Il se calcule à partir du revenu net imposable, soit le revenu brut moins les dépenses admissibles.
Les deux niveaux d’imposition
Au Canada, les entreprises sont soumises à deux types d’impôt :
Impôt fédéral (ARC) : administré par l’Agence du revenu du Canada.
Impôt provincial (Revenu Québec) : pour les sociétés enregistrées au Québec.
Ces deux administrations exigent des déclarations distinctes, bien qu’elles soient souvent préparées simultanément par un comptable.
Taux d’imposition des sociétés (à titre indicatif)
| Type d’entreprise | Taux fédéral | Taux Québec | Taux combiné approximatif |
|---|---|---|---|
| PME admissible à la DPE (déduction pour petite entreprise) | 9% | 3.2% | Environ 12.2% |
| Société non admissible | 15% | 11.5% | Environ 26.5% |
Ces taux peuvent varier selon la province, le secteur d’activité et les crédits d’impôt applicables.
2. Les étapes clés pour bien gérer sa déclaration d’impôt des sociétés
1. Rassembler les documents financiers
Avant toute chose, il faut disposer de l’ensemble des informations financières pertinentes :
États financiers annuels (bilan, état des résultats).
Relevés bancaires et rapprochements.
Registre des immobilisations et amortissements.
Liste des dépenses et factures d’achat.
Revenus de vente et comptes clients.
2. Calculer le revenu imposable
Le revenu imposable correspond au profit net de votre entreprise après avoir soustrait les dépenses admissibles (salaires, loyers, amortissements, etc.).
3. Identifier les déductions et crédits applicables
C’est ici que l’optimisation fiscale entre en jeu. Les entreprises peuvent bénéficier de déductions fiscales et de crédits d’impôt pour réduire leur charge. Nous détaillerons ces leviers plus bas.
4. Produire la déclaration fiscale
Deux formulaires principaux :
T2 pour le fédéral.
CO-17 pour le Québec.
5. Planifier le paiement ou le remboursement
Selon vos acomptes provisionnels, il se peut que vous deviez payer un solde ou, au contraire, obtenir un remboursement.
3. Les dépenses déductibles à ne pas négliger
Certaines dépenses peuvent réduire de façon importante votre revenu imposable. En voici quelques catégories clés :
Dépenses d’exploitation
Salaires, avantages sociaux et cotisations patronales.
Loyer commercial.
Fournitures de bureau, logiciels, téléphonie, internet.
Entretien, réparations, assurances.
Dépenses de déplacement et de représentation
Déplacements professionnels (avion, hôtel, repas).
Frais de représentation raisonnables liés aux affaires.
Dépenses liées aux immobilisations
Les équipements, véhicules ou matériels informatiques peuvent être amortis sur plusieurs années via la déduction pour amortissement (DPA).
Dépenses de formation et de perfectionnement
Investir dans le développement des compétences de votre équipe est souvent 100 % déductible.
4. Crédits d’impôt à connaître pour les sociétés au Québec
Les crédits d’impôt sont des leviers puissants pour optimiser la déclaration d’impôt des sociétés. Contrairement aux déductions, ils réduisent directement l’impôt à payer.
Crédits d’impôt populaires pour les PME québécoises
| Crédit d’impôt | Objectif | Taux / Avantage | Conditions principales |
|---|---|---|---|
| RS&DE (Recherche scientifique et développement expérimental) | Encourager l’innovation et le développement technologique | Jusqu’à 30% des dépenses admissibles | Activités de recherche documentées et admissibles |
| Crédit d’impôt pour stage en milieu de travail | Favoriser la formation pratique des étudiants | Environ 24 % des salaires admissibles | Stages encadrés et liés au domaine d’études |
| Crédit pour investissement | Soutenir l’achat d’équipements productifs | Variable selon la région | Actifs tangibles admissibles |
| Crédit pour production multimédia | Encourager la création numérique | Jusqu’à 37.5 % | Secteur des TI, jeux vidéo, médias interactifs |
Conseils pour maximiser vos crédits
Documentez soigneusement vos activités admissibles.
Consultez un professionnel pour valider votre éligibilité.
Ne négligez pas les programmes provinciaux spécifiques.
5. Optimisation fiscale : les bonnes pratiques à adopter
L’optimisation fiscale consiste à utiliser les lois existantes pour réduire légalement le montant d’impôt payé. Ce n’est ni de l’évasion ni de l’évitement, mais une stratégie de saine gestion.
Quelques leviers concrets
Fractionnement du revenu : lorsque possible, répartir le revenu entre actionnaires pour diminuer le taux marginal d’imposition.
Incorporation d’une société de gestion : utile pour différer l’impôt et planifier les placements.
Rémunération mixte (salaire + dividendes) : trouver le bon équilibre entre revenu personnel et corporatif.
Planification des dépenses : anticiper les achats d’immobilisations avant la fin d’exercice pour maximiser les déductions.
Utilisation des pertes : reporter les pertes d’une année précédente pour réduire le revenu imposable futur.
À éviter
Reporter sa déclaration à la dernière minute.
Mélanger dépenses personnelles et professionnelles.
Oublier les acomptes provisionnels.
Sous-estimer la valeur d’un accompagnement professionnel.
6. Conformité et gestion proactive : éviter les erreurs fréquentes
Même une bonne stratégie fiscale peut être compromise par un manque de rigueur.
Erreurs courantes lors de la déclaration
Mauvaise classification des dépenses.
Omission de revenus secondaires.
Erreurs de calcul sur les amortissements.
Retard dans le dépôt des formulaires T2 et CO-17.
Bonnes pratiques de conformité
Tenez à jour vos registres comptables en continu.
Utilisez un logiciel de comptabilité fiable (QuickBooks, Zoho Books).
Faites réviser vos états financiers par un CPA avant le dépôt.
Conservez tous les justificatifs pendant au moins 6 ans (exigence de Revenu Québec et de l’ARC).
7. Le rôle du comptable dans l’optimisation de l’impôt des sociétés
Faire appel à un cabinet comptable professionnel n’est pas une dépense : c’est un investissement.
Pourquoi travailler avec un CPA ?
Il connaît les lois fiscales en constante évolution.
Il identifie les déductions et crédits d’impôt applicables à votre situation.
Il vous aide à planifier vos décisions financières sur plusieurs années.
Il veille à la conformité pour éviter les pénalités.
Un bon comptable ne se limite pas à remplir un formulaire. Il devient un partenaire stratégique dans la croissance et la stabilité financière de votre entreprise.
8. FAQ : tout ce que vous devez savoir sur l’impôt des sociétés
1. Quand faut-il produire la déclaration d’impôt d’une société au Québec ?
Généralement, dans les six mois suivant la fin de l’exercice financier. Toutefois, les soldes d’impôt sont dus deux à trois mois après cette date, selon le type d’entreprise.
2. Quelle est la différence entre une dépense déductible et un crédit d’impôt ?
Une dépense déductible réduit le revenu imposable, alors qu’un crédit d’impôt réduit directement le montant d’impôt à payer.
3. Peut-on déclarer soi-même l’impôt des sociétés ?
C’est possible, mais fortement déconseillé sans formation comptable. Les règles sont complexes et les erreurs peuvent coûter cher.
4. Comment réduire légalement son impôt des sociétés ?
En planifiant à l’avance, en maximisant les déductions admissibles, en utilisant les crédits disponibles et en adoptant une stratégie de rémunération optimale.
5. Quelle est la différence entre impôt personnel et impôt des sociétés ?
L’impôt personnel concerne les revenus des individus, tandis que l’impôt des sociétés s’applique aux bénéfices des entreprises incorporées.
Conclusion : l’impôt des sociétés, une opportunité déguisée
L’impôt des sociétés n’est pas qu’une obligation légale — c’est un indicateur de performance. Gérer sa déclaration de façon proactive, c’est non seulement respecter la loi, mais aussi optimiser la santé financière de son entreprise.
Une bonne planification fiscale, des outils comptables adaptés et un accompagnement professionnel peuvent transformer une contrainte en avantage concurrentiel.
Besoin d’un accompagnement pour optimiser votre déclaration d’impôt ?
L’équipe d’Athmane CPA Conseils accompagne les entrepreneurs du Québec avec des stratégies fiscales personnalisées et une gestion comptable efficace.

