Choisir entre un CELI et un REER est l’une des décisions financières les plus importantes pour un particulier au Québec. Pourtant, cette question est souvent abordée de façon trop simpliste, comme s’il existait une réponse universelle valable pour tout le monde. En réalité, le bon choix dépend de votre situation fiscale actuelle, de vos revenus, de vos objectifs financiers, et même de votre horizon de vie.
Dans cet article, nous vous proposons une analyse approfondie et structurée du CELI vs REER, afin de vous aider à comprendre lequel choisir selon votre situation personnelle. L’objectif n’est pas de désigner un gagnant absolu, mais de vous donner les clés pour prendre une décision éclairée, cohérente et fiscalement optimale.
Comprendre les bases : qu’est-ce qu’un CELI et qu’est-ce qu’un REER ?
Avant de comparer les deux régimes, il est essentiel de bien comprendre leur logique fiscale, car CELI et REER n’obéissent pas aux mêmes mécanismes.
Le CELI : un compte d’épargne libre d’impôt
Le Compte d’épargne libre d’impôt (CELI) est un régime dans lequel :
les cotisations ne sont pas déductibles du revenu ;
les revenus générés (intérêts, dividendes, gains en capital) sont entièrement non imposables ;
les retraits sont libres d’impôt et n’affectent pas votre revenu imposable.
Autrement dit, le CELI agit comme une zone fiscalement neutre pour la croissance de votre épargne.
Le REER : un outil de report d’imposition
Le Régime enregistré d’épargne-retraite (REER) fonctionne à l’inverse :
les cotisations sont déductibles du revenu imposable ;
les revenus de placement croissent à l’abri de l’impôt ;
les retraits sont imposables au moment où ils sont effectués.
Le REER n’élimine pas l’impôt : il le repousse dans le temps, souvent à un moment où le taux d’imposition est plus faible.
CELI vs REER : une différence de philosophie fiscale
La distinction fondamentale entre CELI vs REER repose sur le moment où l’impôt s’applique.
Le CELI impose avant la cotisation (argent déjà imposé).
Le REER impose au retrait (argent non imposé à l’entrée).
Ce détail a des conséquences majeures sur :
votre revenu imposable annuel ;
votre admissibilité à certains crédits et prestations ;
votre stratégie de décaissement à la retraite.
Tableau comparatif CELI vs REER
| Critère | CELI | REER |
|---|---|---|
| Âge minimal | 18 ans | Aucun |
| Âge limite | Aucun | 31 décembre de l’année des 71 ans |
| Déduction fiscale à la cotisation | Non | Oui |
| Imposition des revenus | Aucune | Reportée |
| Imposition au retrait | Non | Oui |
| Impact sur prestations gouvernementales | Aucun | Peut réduire les prestations |
| Droits recrédités après retrait | Oui | Non |
| Utilisation pour le conjoint | Non | Oui (REER de conjoint) |
Dans quels cas le CELI est-il plus avantageux ?
Le CELI est souvent sous-estimé, alors qu’il constitue un outil extrêmement puissant dans plusieurs situations.
1. Revenus faibles ou moyens
Si votre taux d’imposition actuel est faible, la déduction REER procure peu d’avantage immédiat. Dans ce cas, le CELI est souvent préférable, car :
vous ne sacrifiez pas une déduction peu utile ;
vous conservez une flexibilité totale sur les retraits ;
vous évitez toute imposition future sur les rendements.
2. Jeunes professionnels et travailleurs autonomes
En début de carrière ou avec des revenus variables :
le CELI permet d’épargner sans verrouiller l’argent ;
les retraits n’augmentent pas le revenu imposable ;
les droits de cotisation se reconstituent après retrait.
3. Objectifs à moyen terme
Achat d’une propriété, projet entrepreneurial, coussin de sécurité :
le CELI permet des retraits sans pénalité fiscale ;
aucune obligation de remboursement ;
aucune incidence fiscale indirecte.
Dans quels cas le REER devient-il plus pertinent ?
Le REER conserve un rôle central dans certaines stratégies fiscales bien précises.
1. Revenus élevés et forte imposition
Lorsque votre taux marginal d’imposition est élevé :
la déduction REER devient très avantageuse ;
elle permet de réduire significativement l’impôt à payer ;
elle peut améliorer l’accès à certains crédits.
2. Planification de retraite structurée
Le REER est conçu pour :
accumuler de l’épargne à long terme ;
lisser l’imposition sur plusieurs années ;
être converti en FERR ou en rente.
3. REER de conjoint
Le REER de conjoint permet :
d’équilibrer les revenus à la retraite ;
de réduire l’imposition globale du couple ;
d’optimiser la planification successorale.
CELI vs REER : l’impact sur les prestations gouvernementales
C’est un aspect souvent négligé, mais crucial.
CELI
Les retraits n’augmentent pas le revenu imposable.
Aucune incidence sur :
la Sécurité de la vieillesse (SV) ;
le Supplément de revenu garanti (SRG) ;
les crédits basés sur le revenu.
REER
Les retraits sont ajoutés au revenu imposable.
Ils peuvent :
réduire ou éliminer certaines prestations ;
déclencher une récupération de la SV.
Peut-on utiliser le CELI et le REER ensemble ?
Absolument — et c’est souvent la meilleure stratégie.
Une approche combinée permet :
d’optimiser l’impôt aujourd’hui avec le REER ;
de préserver de la flexibilité future avec le CELI ;
d’adapter les retraits selon la situation fiscale à la retraite.
Le choix n’est donc pas toujours CELI ou REER, mais parfois CELI et REER, dans le bon ordre.
Stratégies pratiques selon votre profil
Profil 1 : Jeune travailleur avec revenu modeste
Priorité : CELI
Objectif : flexibilité et croissance libre d’impôt
Profil 2 : Professionnel bien rémunéré
Priorité : REER
Complément : CELI pour diversification fiscale
Profil 3 : Travailleur autonome
CELI pour la liquidité
REER selon la stabilité des revenus
Profil 4 : Pré-retraité
Analyse fine du taux futur d’imposition
Importance du CELI pour les retraits stratégiques
Erreurs fréquentes à éviter
Cotiser au REER sans avantage fiscal réel
Retirer du REER sans planification
Négliger l’impact sur les prestations
Utiliser le CELI uniquement comme compte d’épargne à faible rendement
Conclusion : CELI vs REER, une décision stratégique
La question CELI vs REER : lequel choisir selon votre situation ? n’a pas de réponse unique. Le bon choix dépend :
de votre revenu actuel ;
de votre taux d’imposition ;
de vos objectifs à court, moyen et long terme ;
de votre stratégie globale de planification financière.
Dans bien des cas, la meilleure décision est celle qui s’inscrit dans une vision d’ensemble, alignée avec votre réalité fiscale québécoise.
Un accompagnement professionnel permet souvent d’éviter des erreurs coûteuses et d’optimiser chaque dollar épargné.
FAQ — CELI vs REER
Le CELI est-il vraiment sans impôt ?
Oui. Les revenus et les retraits sont entièrement exempts d’impôt.
Le REER est-il toujours avantageux ?
Non. Il l’est surtout lorsque le taux d’imposition futur est inférieur au taux actuel.
Puis-je perdre de l’argent fiscalement avec un REER ?
Oui, si les retraits sont faits à un taux d’imposition plus élevé que celui économisé à la cotisation.
Quel compte prioriser en cas de revenus variables ?
Le CELI offre généralement plus de flexibilité.
Est-il trop tard pour cotiser à un REER à 60 ans ?
Non, mais une analyse personnalisée est fortement recommandée.


